|
- - -
Chuuuttttt ! Ecoutez ...
Entendez-vous ?
Cette "Eloquence du silence"... ?
" ... Du concept à la métaphore, il n’y a qu’un pas. La minute de silence est un symbole, un hommage, mais aussi une métaphore d’une absence. De fait, l’exécution est le moyen ultime de “faire taire” un adversaire. Le silence se fait euphémisme de la mort (un silence de mort), ou du moins de la contrainte. La mort est même un silence éternel, en décédant on “rejoint le silence”.
En revanche la parole est puissance. “Au commencement était le verbe”, et par la suite la religion, la royauté, ont fortement associé la parole au pouvoir. Avoir “voix au chapitre” est justement une expression des monastères, où seuls certains avaient droit de s’exprimer lors des réunions collectives du “chapitre”. Les autres? Les sans grades sont des sans voix. Pouvoir de la parole : voter c’est “donner sa voix” à un candidat, un parti, une motion. Le silence est impuissance, on est “réduit au silence” c’est donc bien une diminution, une infériorité. Le muet appartient à la catégorie des “handicapés”, les sans-voix sont politiquement, socialement handicapés. Les associations, les hommages, les mobilisations collectives, servent à “donner la parole”, à “faire entendre la voix” de ceux auxquels la politique ne prête pas attention. Pouvoir se faire entendre, c’est exister, c’est sortir d’une incomplète citoyenneté. Les chansons de lutte ont aussi cette vocation, de faire parler d’une lutte, ou de conserver la mémoire.
Si le silence est oubli, alors écouter El pueblo unido jamas sera vencido, chanter Commandante Che Guevara, entonner le Chant des partisans ou celui des cerises, c’est éviter l’extinction de voix, empêcher que la voix des petits, des anonymes, ne tombe dans l’oubli.
On n’a pas fait le tour de toutes les contradictions… “Dans le silence de la loi”, en droit pénal ce qui n’est pas explicitement interdit est autorisé. Le silence serait pouvoir et non impuissance? Le champ (le chant?) de la métaphore ouvre tellement de portes. Le champ des possibles. Le silence, c’est aussi un espace sonore imaginaire, une présence du dehors. Certains artistes tiennent à préserver un large espace où l’auditeur peut se mouvoir sans être guidé ni corseté. Récemment, on retrouve ce souci chez the XX, dont le minimalisme laisse beaucoup de place à l’auditeur, comme sur le premier album de James Blake. Le silence comme permission, comme liberté.... "
" ...Silence = durée = attente
Si la mort est un silence éternel, alors le silence peut donc être une durée. Silence = ∞ Mais plus que cela, il pourrait être une temporalité. Voire… une époque. Luigi Russolo, compagnon des futuristes italiens, l’évoque dans son manifeste "L’art des bruits" :
La vie antique ne fut que silence. C’est au dix-neuvième siècle seulement, avec l’invention des machines, que naquit le Bruit. .."
"Eloquence du silence ?" Silence = Indifférence ? Doit-on interpréter les "silences" ? Ou juste les prendre pour ce qu'ils sont ?
chuuuttt .... J'écoute ................................... |